Croisière et diadème

Ma seconde puis 3ème saison au Club m’ont emmenées à bord du Club Med One, magnifique bateau de croisière naviguant en Caraïbes et en Méditerranée. Les passagers étaient aussi divers que le simple couple de commerçants au chirurgien réputé italien ou encore duchesse royale anglaise. C’est justement cette dernière qui est l’héroine de cette histoire. Arrivée à bord en compagnie de son fils royal(e), vieux garçon efféminé portant des gants de cuir noir réhaussés des bagues de ses illustres ancêtres à chaque doigt, la vieille dame se fondait à la société dans une élégance propre à son rang. Il y avait aussi une ancienne actrice française ayant connue son heure de gloire outre atlantique, portant de grands chapeaux blancs, toujours sur son 31 du matin au soir pour vivre sa passion du savoir vivre et du savoir paraître. La rencontre de ces 2 personnes eu lieu à la table de la Duchesse ou j’avais été convié. Elle, assise à ma droite, son fils à ma gauche et quelques autres passagers triés sur le volet. Arrive la Dame blanche qui simplement demande l’autorisation de se joindre à nous. D’un petit geste de la tête suivi d’un rictus poli, la Duchesse lui suggère de s’installer à la dernière place libre, en face d’elle. Le repas commence, les discussions sont agréables et les serveurs tournent et virevoltent dans le restaurant créant une chorégraphie fluide et précise. Le vin est aimable et la Dame blanche sait lui faire honneur peut-être plus que nous tous réunis visiblement. Au dessert, sa main est littérallement accrochée à la bouteille devant elle et son regard perdu dans la crème anglaise de son île flottante. La Duchesse à mes côtés raconte les affres de sa vie, commençant par la mort du défunt Duc le mois précédent et à qui elle rend hommage en faisant cette croisière qu’il lui avait offert. Puis aux déboires de son fils, bon à rien qui soupire et souffle à chaque mot prononcé n’ayant jamais trouvé l’âme soeur autre que ses chevaux et vivant aux côtés de sa vieille mère admirative et protectrice. Enfin le passage en revue des bijoux qu’elle porte, héritage des arrières arrières grands mères, tantes, cousines ayant quitté ce monde difficile et pour lesquelles sa reconnaissance est toute symbolique. D’ailleurs ce chignon dit  » brioche » réhaussé d’un joli et brillant diadème, ces pendants de diamants et émeraudes qui balancent à ses oreilles et ce collier du même style cachant les outrages du temps mettent en valeur son beau visage poudré et légèrement fardé de rose sur les pommettes. C’est au moment où la Duchesse porte un toast que la Dame blanche se lève, légèrement chancellante, se penche en sa direction et lui hurle au visage un  » ta gueule vieille conne, tu nous fais chier avec tes breloques et ta tarlouze… » Comment décrire le silence qui s’en suivi inondant la quasi totalité du restaurant. Stupeur, effroi, peur. Que va t-ìl se passer au prochain round ?

A suivre.

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